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vendredi 4 novembre 2011

Paysage après la révolution tunisienne

Malgré les soubresauts de l’appareil sécuritaire benaliste, le peuple et la classe politique – toutes tendances confondues – savourent une dignité et une liberté chèrement reconquises. Et esquissent les contours de la nouvelle République, quelques semaines après la révolution tunisienne.

Entre chien et loup, grisaille d’hiver et effluves de jasmin, la Tunisie vient de vivre une semaine étrange, quand la marche de l’Histoire semble hésiter, au risque parfois de se fourvoyer. Tous les changements de régime, toutes les révolutions ont connu ces lendemains de victoire un peu pâteux, ces retours de vent mauvais, cette apparente précarité qui fait craindre, parfois au-delà du raisonnable, que tout est encore réversible. Les soubresauts de l’hydre agonisante ont pris ici l’allure des flics perdus du benalisme, hier tout-puissants, aujourd’hui traînés dans la boue, dont le baroud de déshonneur s’est concrétisé le 31 janvier par l’occupation de leur matrice, le ministère de l’Intérieur, suivie de la tentative de prise en otage du nouveau titulaire des lieux, Farhat Rajhi, et du chef d’état-major des armées, Rachid Ammar. Triste équipée, menée par une cohorte de policiers en civil, d’ex-miliciens, de repris de justice, vouée d’avance à l’échec et qui traduit plus leur désespoir que les prémices d’une improbable contre-révolution.
Reste que, au milieu d’un océan de rumeurs, de surenchères et parfois de règlements de comptes – d’autant plus venimeux qu’ils émanent d’anciens eunuques du pouvoir déchu subitement mués en héros de la résistance –, le gouvernement Ghannouchi se serait bien passé de ces coups de pied de l’âne, lui dont le silence et une certaine forme de paralysie sont critiqués par un peuple avide au même moment de changement immédiat et de retour à la normalité. Quant aux leaders d’opinion, qui ont tous déjà en point de mire la future élection présidentielle, ils mesurent chaque jour un peu plus combien la valeur refuge qu’ils incarnaient courageusement face à la dictature était finalement plus confortable à gérer – au sens politique du mot – que les exigences postrévolutionnaires. La chute de Ben Ali a apporté la dignité et la liberté. Reste le pain et le travail. Ce combat-là ne se règle pas en une journée, fût-elle celle, historique, du 14 janvier 2011.

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